Ces 3 perturbateurs endocriniens qui nous poussent à (trop) manger

Un additif et deux substances chimiques largement présentes dans l’environnement (et dans le sang) nous pousseraient à manger sans faim.

Certains perturbateurs endocriniens ciblent le contrôle hormonal de la faim. Une exposition répétée à ces perturbateurs favoriserait l’obésité. C’est ce qu’indique une nouvelle étude du centre médical Cedars-Sinai (Los Angelès) parue dans Nature Communications.

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Les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui miment ou bloquent le fonctionnement des hormones présentes normalement dans l’organisme. L’exposition aux perturbateurs endocriniens peut conduire à des problèmes de santé, notamment concernant le système reproducteur (cas du Distilbène par exemple). De nombreuses molécules, additifs, présents dans notre environnement sont des perturbateurs endocriniens : bisphénols, phtalates, dioxines…

Dans cette étude, les chercheurs ont développé un protocole pour tester des molécules connues pour être des perturbateurs endocriniens chez l’homme. Les trois additifs testés étaient des molécules courantes dans la vie de tous les jours :

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l’hydroxytoluène butylé (BHT), un conservateur antioxydant souvent ajouté aux céréales du petit déjeuner et à d’autres aliments pour éviter que les graisses rancissent ; cet additif est un ingrédient présent dans des cosmétiques, des plastiques, des pesticides. Dans l’Union européenne, il est désigné par le code E321,

l’acide perfluorooctanoïque (APFO ou PFOA en anglais), un polymère qui sert à fabriquer le revêtement anti-adhésif des ustensiles de cuisine. Des études épidémiologiques ont montré qu’il serait corrélé à un cholestérol élevé, des troubles de la thyroïde et des problèmes d’infertilité,

le tributylétain (TBT), un composé présent dans des peintures, qui peut se retrouver dans les poussières des maisons, l’eau et s’accumuler dans des produits de la mer.

 

Les chercheurs ont testé ces molécules à des concentrations proches de celles qui peuvent exister dans l’organisme humain. Pour cela, ils ont utilisé des tissus qui produisaient des hormones obtenues à partir de cellules souches humaines. Plus précisément, à partir d’échantillons de sang d’adultes, les chercheurs ont produit des cellules souches pluripotentes induites grâce à une reprogrammation génétique. Puis avec ces cellules souches, ils ont généré un tissu épithélial (comme dans l’intestin) et un tissu neuronal de l’hypothalamus, une région du cerveau qui contrôle l’appétit et le métabolisme.

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Les chercheurs ont ensuite exposé ces tissus aux BHT, APFO et TBT, seuls ou combinés et observé ce qui se passait dans les cellules. Ils ont trouvé que ces molécules interrompaient un réseau cellulaire (le réticulum endoplasmique) qui permet aux hormones de conserver leur structure et d’être transportées à l’extérieur des cellules. Ces additifs endommageaient aussi les mitochondries, les structures cellulaires qui fabriquent de l’énergie dans la cellule à partir de nutriments et d’oxygène.

« Nous avons découvert que chacun de ces produits chimiques a endommagé les hormones qui communiquent entre l’intestin et le cerveau », a déclaré Dhruv Sareen, un des auteurs de ces travaux, dans un communiqué. Les effets les plus importants étaient obtenus avec le BHT. L’exposition chronique à ces molécules interfère donc avec des signaux envoyés par le système digestif au cerveau et qui servent à savoir si on a suffisamment mangé. Quand ce système de signalisation est rompu, nous mangeons trop et grossissons.

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Ces substances se trouvent à des doses variables dans le sang de chacun de nous. Le PFOA est en passe de disparaître des ustensiles de cuisine, sous la pression des agences sanitaires internationales. Les quantités présentes dans les ustensiles antiadhésifs sont de plus en plus faibles, et les teneurs sanguines sont en baisse selon des études américaines. Vous pouvez prendre malgré tous des précautions si vous utilisez ce type d’ustensiles, en particulier éviter de rayer le revêtement (utiliser des spatules en bois), éviter de trop chauffer. Le BHT reste assez largement utilisé dans les aliments ultra-transformés, mais vous n’en avalerez pas si vous consommez peu de ces aliments. Le TBT s’accumule dans la chair et les organes des poissons et animaux marins : le seul moyen de limiter l’exposition, si la situation vous inquiète, est de consommer peu de produits de la mer.

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